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02/05/2008

La Violence

Pour changer d'orientation et pour revenir à quelques réflexions un peu plus profondes que le microcosme  politique, voici quelques passages d'un travail récent, légèrement édulcoré pour que nos gardiens du Temple passant par ce blog ne s'offusquent pas..
Il serait nécessaire d'en poursuivre l'adaptation et l'évolution à notre quotidien, dans le regard des médias par exemple.
Nos rites sont souvent ancrés dans un inconscient collectif oublié et le plus bel exemple serait aujourd'hui la célébration des 40 ans de mai 68...révolution, violence, destruction..mais pourquoi???
 

 LA VENGEANCE, LA VIOLENCE ET LE SACRIFICE

 

"Pour analyser ce chapitre il est important de reprendre les acquis du x ème degré et le meurtre d’H...

Avec la mort du Maître, le rite nous invite à réfléchir sur la notion de sacrifice, pratique rituellique qui consiste à immoler une victime pour sauver l’ensemble de la communauté et ses violences potentielles et futures. 

En tuant le meurtrier d’H...., J...., cherche peut être à tuer la violence qui est née du meurtre de l’architecte. Ce sacrifice est salvateur de notre humanité. Tuer le meurtrier d’H...., c’est abandonner le chaos pour retourner à l’ordre et ce par la vengeance.

Nous avons donc violence de l’acte, sacrifice et aussi concept de vengeance. Autant de notion difficile à admettre dans notre quotidien d’homme moderne du 21 ème siècle. Pour nous aider à comprendre ce passage imposé dans notre construction je citerai l’œuvre de René Girard, professeur et anthropologue, membre de l’académie française et en  particulier un ouvrage de 1972 « La violence et le sacré »

Il pose la question suivante « Comment l’homme, cet animal mimétique, peut-il vivre en société ? L’imitation et la convergence des désirs ne condamnent-elles pas les groupes humains au conflit et à la violence ? Pour Girard, la réponse à ces questions réside dans le meurtre collectif, meurtre fondateur qui expulse la violence et engendre le sacré, meurtre dont les échos retentissent dans toute la culture humaine…

L’unanimité violente débouche alors sur le meurtre et autour du cadavre de la victime se rassemble la communauté pacifiée. Avec la conviction absolue d’avoir trouvé la cause absolue de son mal, la communauté laisse éclater sa violence contre une victime arbitraire. Le meurtre accompli, c’est le silence qui s’établit parmi les lyncheurs autour du cadavre de celui que Girard appelle la « victime émissaire ». C’est donc une hypothèse sur l’origine des cultures que Girard propose et elle consiste à postuler un meurtre réel à l’origine de tout ordre culturel. L’hypothèse girardienne permet alors de comprendre le sens de notre rituel,  l’importance du sacrifice  d’H....,et des sacrifices des meurtriers qui transgressent au moins pour Ab ...., l’interdit de Salomon.

La  crise (le meurtre au X ème) et son dénouement au X ème et au X ème avec l’immolation de nouvelles victimes doivent se faire dans des conditions aussi proches que possible du meurtre fondateur. La victime émissaire, chez nous Hi....,,  paraît capable de causer les pires désordres et ensuite d’instaurer l’ordre. Elle semble donc posséder un savoir auquel la communauté croit devoir désormais s’en remettre pour assurer sa cohésion.« La victime émissaire » est donc sacralisée, elle constitue la   figure de référence,  expulsée pour ses aspects maléfiques et vénérée pour ses aspects bénéfiques. En adoptant cette hypothèse et en me souvenant d’une planche sur la « faute d’H...., » on découvre alors que notre Maître n’est peut être pas l’homme idéal, référence de chacun de nous, mais une iconographie nécessaire intégrant une part de  violence et de défauts comme la témérité,  et  qui appartient en fait à chacun de nous. H...., était peut être imparfait, à notre image ! Son meurtre par les mauvais c....,   semble transcender le clivage usuel entre la vie et la mort : vivant  et présent  dans le groupe il était la cause du conflit et de la mort tandis que mort  il apporte le renouveau et la vie.

 Pour terminer ce chapitre et toujours dans l’esprit de Girard je dirais que la violence n'est pas dans le meurtre  mais dans  la violation de la Loi, du pacte de parole, dans le non respect des recommandations de S...., ! Ainsi casser la Parole, transgresser l’ordre permettrait de rebondir. Il nous faut en permanence briser notre loi, pour la régénérer, faire la guerre à nos passions pour goûter la paix et retrouver l’harmonie, le Maat égyptien, le juste milieu."

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Je me pose la question..qui sacrifier actuellement pour sauver notre société??? oui je sais Trub...c'est facile!!!! 
 

Commentaires

Je n'aime pas trop la notion de sacrifice, surtout si celui-ci semble être la seule solution possible. Je ne l'aime pas car il ma fait dire que nous n'avons pas su trouver ailleurs l'idée salvatrice, et finalement c'est la dernière solution qui satisfait tout le monde. Non je ne l'aime pas, même si je peux comprendre qu'il nous est impossible de nous sauver autrement, n'a-t-on pas tué notre propre père ou notre propre mère. Et puis combien il doit être désagréable d'être la cible innocente de maux d'autres, peut-être le notre aussi. Non je ne l'aime pas ce sacrifice, ni pour une idée, ni pour un concept encore moins pour une icône.
A part effectivement si c'est trub, faut voir !

Ecrit par : Jean-Pierre | 02/05/2008

jev ne comprend pas pourquoi en l'espéce H... est utilisé comme exemple de victime sacrificielle pour résoudre les maux de la communauté....Il s'agissait là plutôt d'un meurtre pour arracher des secrets.

Ecrit par : romain blachier | 03/05/2008

@romain
je pense tout simplement que nous reprenons le principe du mythe du meurtre fondateur: tuer le père, le frère pour se libérer de sa tyrannie, et pour sa construction, tuer en soi le viel homme qui sommeille, tuer notre filiation à nos héritages, au sens de Bourdieu, pour acquérir une véritable liberté...
@jean pierre
le sacrifice est expiatoire...il nous libère et nous protège, en choisissant la victime on s'économise plus grande tuerie ( ds les stes primitives) on scelle une alliance..Abrham en sacrifiant son fils se libère de ce qu'il a de plus cher, il se libère de son moi...c'est aussi le concept du renoncement...

Ecrit par : franklin | 03/05/2008

Je signale à Jean Pierre que je n'ai toujours pas été sacrifiée mais ce blog me semble bel et bien à l'abandon...

Ecrit par : Trub | 18/05/2008

C est vrai...je n'ai pas la niack pour m en occuper en ce moment: prochaine note?? Les elections du culte musulmans avec un vrai defi a la clef ou encore Liberté et responsabilité a moins que je ne sorte un grand classique " mais que fait Gérard Collomb?" Bon tofay je suis parisien....ce ne sera pas pour aujourd hui!

Ecrit par : franklin | 21/05/2008

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