26/04/2009
l'Harmonie
L'HARMONIE :

« La notion d'harmonie semble concerner toutes choses, de l'ordre du ciel au moindre objet décoratif. Il n'est pas un art, pas un savoir, de la médecine à l'astronomie, de l'architecture à la musique sans oublier bien sûr la théologie qui n'en fasse l'économie. » disent les manuels.
Homère l'appelait l'accord ou la Paix. C'est apparemment un principe organisateur qui réunit, à un moment de complète construction, les éléments d'un ensemble qui était au préalable épars. N'est-ce pas là la mission du Maître Maçon, rassembler ce qui est épars, n'est ce pas la mission, sous-entendue, du Grand Maître Architecte ? Nous sommes ici Grand Maître Architecte et notre rôle est la construction et l'achèvement du Temple du Roi Salomon, temple symbole de l'Univers, consacré à Dieu, lieu du Sacré.
On peut donc parler d'un règne de l'harmonie, règne à conquérir. Pourtant il y a deux conclusions qu'il serait erronées de tirer de cette suprématie : que l'harmonie constitue un monde qui va de soi, et qu'elle constitue un principe transcendant unifiant toutes chose. En réalité il n'est pas d'harmonie sans conflit, la Concordia est par essence discors. C'est ce conflit sous jacent qui justifie son ascendant car atteindre un degré d'harmonie c'est vaincre après un combat impitoyable. On peut encore préciser que l'harmonie est l'unité des contraires : dans un système harmonique, deux notions, deux valeurs contraires se réunissent et agissent ensemble d'une façon harmonieuse. Pour mémoire dans la mythologie grecque la déesse Harmonie fille d'Arès dieu de la guerre et d'Aphrodite, déesse de l'Amour est le symbole de deux sentiments incompatibles : l'Amour et la Haine. Cette synthèse s'adosse à une autre notion corrélative, la perfection aboutie.
Pour définir plus avant l''idée d'harmonie et d'équilibre je retiendrai dans le comportement des hommes un mythe et une croyance.
Pour la croyance, je parlerai du concept du MAAT égyptien et du rôle joué par le Pharaon.
Il est bon de rappeler l'histoire de la création du monde vue par les Egyptiens, et je cite ainsi les écrits d'Isabelle FRANCO :
"Dans la pensée égyptienne, le cosmos a été construit à partir d'un milieu primordial conçu comme un chaos liquide, le Noum où préexistaient, à l'état latent et indifférencié, tous les éléments de la création, qu'ils soient positifs ou négatifs. Le Démiurge a d'abord extrait les forces positives de leur gangue d'inertie grâce aux rayons solaires". Ce travail s'est opéré alors que le Démiurge a pris conscience de lui-même et repoussé le Chaos. La Création s'est poursuivie par la mise en place des éléments de l'Univers, décrites par des fonctions positives incarnées par des générations de dieux qui se sont succédées de père en fils. L'achèvement d'Horus, dernier rejeton de la lignée, marque l'achèvement du cycle fondateur. Le monde terrestre est alors légué aux hommes, à charge pour eux d'y maintenir l'ordre instauré par le Soleil et d'entretenir avec les sphères divines une relation d'entraide et d'équilibre. Si Ré et les forces positives continuent à combattre le Chaos pour préserver la construction de l'Univers, il faut que les hommes, à leur échelle, agissent de même.
Un individu est choisi par les dieux pour représenter l'ensemble du peuple : le Pharaon.
Son rôle est capital car il permet aux domaines terrestre et divin de fonctionner conjointement. Il se doit de conserver l'équilibre fragile de la Création, il est le garant du bien-être de ses sujets en les nourrissants d'une part, en les défendant d'autre part. Sa charge à mi-chemin entre Pouvoir et Savoir ne peut fonctionner que dans l'équilibre fragile et la justice, dans l'harmonie universelle dénommé MAAT. Il assure et maintient celle-ci. Son rôle est capital car il permet aux domaines terrestre et divin de fonctionner conjointement.
Pour le Mythe je reprendrai une des explications données par Luc Ferry dans son dernier Livre « La sagesse des Mythes» et l'histoire d'Ulysse :
« Qu'est ce qu'une vie bonne pour les mortels ? Il faut admettre au sens des grecs anciens que le monde et l'Univers sont globalement harmonieux et que nous êtres finis nous sommes irrémédiablement voués à la mort et imparfaits : quels sont donc dans ces conditions les principes d'une vie bonne et harmonieuse ? » Luc Ferry nous explique que l'harmonie est cette sagesse de comprendre notre mortalité et faire régner dans notre monde la justice, l'harmonie entre les hommes.
« Car c'est seulement au milieu des hommes qu'un homme est homme » et pour cela il faut prendre le temps de connaitre les autres, de les aimer parfois, de les combattre aussi et de ce civiliser soi même. « On ne devient pas un être d'harmonie sans passer par une myriade d'expériences qui vont comme pour Ulysse occuper une grande partie de notre vie ! »
Le programme de Luc Ferry, ces expériences multiples à surmonter et à découvrir ne sont-elles pas les 33 marches de notre système maçonnique et du Rite Ecossais Ancien et Accepté ?
Car pour un initié, atteindre l'équilibre, vivre dans l'harmonie, c'est tout simplement le but ultime de la construction, quand les 3 lumières Sagesse, Force et Beauté s'unissent en un seul principe, quand le Un devient le Tout et que le microcosme est égal au macrocosme. Le Franc-maçon accède à la sagesse et au spirituel, quand toutes les passions sont vaincues, que les voyages sont terminés et que son regard se tourne vers la Lumière et qu'il est cette Lumière.
14:53 Publié dans franc-maçonnerie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : harmonie, équilibre






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