30/05/2009

La tension

 CHAOS ET TENSIONS DANS LA CONSTRUCTION VERS LE DIVIN ?

La notion de tension est importante et significative, l'ordre se construit sur le chaos et l'harmonie ne peut exister qu'après avoir vaincu les conflits. Elle est une forme finale qui s'édifie sur un chaos sous-jacent qu'elle réussit à tenir sans jamais pouvoir le réduire. C'est en quoi elle est un principe constitutif de construction pour l'homme, comme pour le monde.

Le Franc-maçon doit ainsi rechercher sa part de chaos et d'ordre, admettre d'être tolérant  vis-à-vis de soi même, chercher ensuite a équilibrer ses pulsions, voir ses passions ...prendre des risques pour que  l'épreuve du danger, le face à face avec l'épreuve des tensions exacerbées, lui apporte équilibre et sérénité. Sans dépassement du stade de la violence cachée en nous, sans abdication du sentiment de vengeance, il n'y a pas de paix possible. L'enseignement  à atteindre est celui de la sagesse et d'une justice sans faiblesse, d'un cœur purifié de toute haine . N'est ce pas là,  le préalable  à la manifestation de la Tolérance ?

Il pourra ainsi  émerger du combat entre raison et passion et pour se dépasser, pour monter, s'appuyer sur sa spiritualité conquise.

 La quête maçonnique c'est en effet en préalable,  harmoniser le corps, l'âme et l'esprit dans un espace  qui est celui de monde, de la société, de notre microcosme : le Franc-maçon n'est en effet ni ermite ni essénien : il vit dans le monde pour le monde, au milieu des conflits et de la violence, mais ce n'est pas suffisant. L'Initié doit s'élever vers le macrocosme, doit gravir les marches du Temple achevé pour atteindre le plus haut niveau, celui de l'esprit universel, celui du Divin,  une fois encore comprendre la formule En to Pan, Un le Tout !

Ce texte issu d'un de mes derniers travaux, devrait être amendé, et envisagé sous l'angle du rite amoureux?

26/04/2009

l'Harmonie

L'HARMONIE :

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« La notion d'harmonie semble concerner toutes choses, de l'ordre du ciel au moindre objet décoratif. Il n'est pas un art, pas un savoir, de la médecine à l'astronomie, de l'architecture à la musique sans oublier bien sûr la théologie qui n'en fasse l'économie. » disent les manuels.

 Homère l'appelait l'accord ou la Paix. C'est apparemment un principe organisateur qui réunit, à un moment de complète construction, les éléments d'un ensemble qui était au préalable épars. N'est-ce pas là la mission du Maître Maçon, rassembler ce qui est épars, n'est ce pas la mission, sous-entendue, du Grand Maître Architecte ? Nous sommes ici Grand Maître Architecte et notre rôle est la construction et l'achèvement du Temple du Roi Salomon, temple symbole de l'Univers, consacré à Dieu, lieu du Sacré.                            

On peut donc parler d'un règne de l'harmonie, règne à conquérir. Pourtant il y a deux conclusions qu'il serait erronées de tirer de cette suprématie : que l'harmonie constitue un monde qui va de soi, et qu'elle constitue un principe transcendant unifiant toutes chose. En réalité il n'est pas d'harmonie sans conflit, la Concordia est par essence discors. C'est ce conflit sous jacent qui justifie son ascendant  car atteindre un degré d'harmonie c'est vaincre après un combat impitoyable. On peut encore préciser que l'harmonie est l'unité des contraires : dans un système harmonique, deux notions, deux valeurs contraires se réunissent et agissent ensemble d'une façon harmonieuse. Pour mémoire dans la mythologie grecque la déesse Harmonie fille d'Arès dieu de la guerre et d'Aphrodite, déesse de l'Amour est le symbole de deux sentiments incompatibles : l'Amour et la Haine. Cette synthèse s'adosse à une autre notion corrélative, la perfection aboutie.

Pour définir plus avant l''idée d'harmonie et d'équilibre je retiendrai dans le comportement des hommes un mythe et une croyance. 

Pour la croyance, je parlerai du  concept du MAAT égyptien et du rôle joué par le Pharaon.

Il est bon de rappeler l'histoire de la création du monde vue par les Egyptiens, et je cite ainsi les écrits d'Isabelle FRANCO :

"Dans la pensée égyptienne, le cosmos a été construit à partir d'un milieu primordial conçu comme un chaos liquide, le Noum où préexistaient, à l'état latent et indifférencié, tous les éléments de la création, qu'ils soient positifs ou négatifs. Le Démiurge a d'abord extrait les forces positives de leur gangue d'inertie grâce aux rayons solaires". Ce travail s'est opéré alors que le Démiurge a pris conscience de lui-même et repoussé le Chaos. La Création s'est poursuivie par la mise en  place des éléments de l'Univers, décrites par des fonctions positives incarnées par des générations de dieux qui se sont succédées de père en fils. L'achèvement d'Horus, dernier rejeton de la lignée, marque l'achèvement du cycle fondateur. Le monde terrestre est alors légué aux hommes, à charge pour eux d'y maintenir l'ordre instauré par le Soleil et d'entretenir avec les sphères divines une relation d'entraide et d'équilibre. Si et les forces positives continuent à combattre le Chaos pour préserver la construction de l'Univers, il faut que les hommes, à leur échelle, agissent de même.

Un individu est choisi par les dieux pour représenter l'ensemble du peuple : le Pharaon.

Son rôle est capital car il permet aux domaines terrestre et divin de fonctionner conjointement. Il se doit de conserver l'équilibre fragile de la Création, il est le garant du bien-être de ses sujets en les nourrissants d'une part, en les défendant d'autre part. Sa charge à mi-chemin entre Pouvoir et Savoir ne peut fonctionner que dans l'équilibre fragile et la justice, dans l'harmonie universelle dénommé MAAT. Il assure et maintient celle-ci. Son rôle est capital car il permet aux domaines terrestre et divin de fonctionner conjointement.  

Pour le Mythe je reprendrai une des explications  données  par Luc Ferry dans son dernier Livre « La sagesse des Mythes» et l'histoire d'Ulysse :

« Qu'est ce qu'une vie bonne pour les mortels ? Il faut admettre au sens des grecs anciens que le monde et l'Univers sont globalement harmonieux et que nous êtres finis nous sommes irrémédiablement voués à la mort et imparfaits : quels sont donc dans ces conditions les principes d'une vie bonne et harmonieuse ? » Luc Ferry nous explique que l'harmonie est cette sagesse de comprendre notre mortalité et faire régner dans notre monde la justice, l'harmonie entre les hommes.

« Car c'est seulement au milieu des hommes qu'un homme est homme » et pour cela il faut prendre le temps de connaitre les autres, de les aimer parfois, de les combattre aussi et de ce civiliser soi même. « On  ne devient pas un être d'harmonie sans passer par une myriade d'expériences qui vont comme pour Ulysse occuper une grande partie de notre vie ! »

Le programme de Luc Ferry, ces expériences multiples à surmonter et à découvrir ne sont-elles pas les 33 marches de notre système maçonnique et du Rite Ecossais Ancien et Accepté ?

Car pour un initié, atteindre l'équilibre, vivre dans l'harmonie, c'est tout simplement le but ultime de la construction, quand les 3 lumières Sagesse, Force et Beauté s'unissent en un seul principe, quand le Un devient le Tout et que le microcosme est égal au macrocosme. Le Franc-maçon accède à la sagesse et au spirituel, quand toutes les passions sont vaincues, que les voyages sont terminés et que son regard se tourne vers la Lumière et qu'il est cette Lumière.

 

19/04/2009

La Tolerance

Dans les encyclopédies, la tolérance, du latin tolerare (supporter), est la vertu qui

porte à accepter ce que l'on n'accepterait pas spontanément. C'est aussi la vertu qui

porte à se montrer vigilant tant envers l'intolérance qu'envers l'intolérable.

En d'autres termes, c'est une notion qui définit le degré d'acceptation face à un

élément contraire à nos valeurs. Plus généralement, elle définit la capacité d'un

individu à accepter une chose avec laquelle il n'est pas en accord mais qu'il accepte

Le tolérant est alors quelqu'un qui manifeste de l'indulgence, de la

compréhension envers autrui sans pour autant se ranger à ses idées.

Voltaire disait "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dîtes, mais je me battrai pour

que vous ayez le droit de le dire". Cette citation résume la notion de tolérance

appliquée à autrui.

Historiquement  l'idée de  Tolérance a été développée par rapport aux religions du Livre : Tolérer c'était admettre que des Religions puissent cohabiter, c'était aussi pendant les guerres de Religion assurer la paix civile entre catholiques et protestants

Ainsi John Locke au 17 ème siècle dans son essai et sa lettre sur la Tolérance  est amené à démontrer l'absolu et nécessaire indépendance de chaque individu, à prôner pour tous une véritable liberté de conscience, dans une société ou les gouvernements se doivent de gérer uniquement les rapports de l'homme à l'homme et non être l'arbitre entre l'homme et Dieu ! John Locke fût un précurseur de la laïcité en appelant les gouvernements à ne jamais intervenir dans ce qui relève des croyances spirituelles pourtant nécessaire à l'accomplissement de chacun.

Plus proche de nous il a été dit que La tolérance est la reconnaissance des droits universels de la personne humaine et des libertés fondamentales d'autrui.

J'ai lu un jour dans un livre dont j'ai oublié le titre et l'auteur que la Tolérance était le goût des autres et l'intolérance le dégout...Cette phrase nous livre les limites de notre quête et nous offre l'outil indispensable : l'amour. Je préciserai, en sus, puisque nous évoquons les sentiments qu'il y a une  affirmation à noter : que la Tolérance ne doit pas rimer avec indifférence. A ce titre le F∴M∴ ne peut être indifférent et ne pas se soucier du questionnement de l'autre. Il doit aussi prendre conscience de la notion de temps car dans l'idée de Tolérance il y a aussi l'idée de délai et on doit s'attendre une fois la construction du Temple réalisé à ne plus avoir à Tolérer mais à Aimer !

En dernier lieu si au lieu de tolérer l'autre c'est-à-dire,  le différent,  l'opposant,  nous nous efforçons de le comprendre et de le respecter, nous faisons  preuve de confiance et de force, confiance dans la raison et dans le bien, confiance au travers du respect, confiance dans un ordre universel.

 En effet pour nous francs maçons qui œuvrons à l'amélioration de l'humanité et qui n'acceptons pas les dogmes,  il faut rappeler que le T F P M,  lors de l'initiation à un certain degré,  nous exhorte à « respecter toutes les opinions mais à ne les accepter pour justes que si elles apparaissent comme telles après les avoir examinées ! »

 Par notre initiation, nous devons nous former à l'éducation à la tolérance, celle-ci  devant  viser à contrecarrer les influences qui conduisent à la peur,  sans pour autant tendre à l'exclusion de l'autre et elle doit aider les plus jeunes initiés à développer leur capacité d'exercer un jugement autonome et de raisonner en termes d'éthiques et de spiritualité.

Il semble nécessaire d'admettre toutes les manières de penser et d'agir, différentes des nôtres, sans pour cela aller jusqu'à les approuver. La Tolérance  n'est pas la compromission et le reniement de ses propres croyances, tolérer ce n'est pas être dans le même ou le pareil mais bien d'être dans le différent accepté et contrôlé. Il n'y a pas le caractère fusionnel de la Fraternité,  simplement comme nous l'avons déjà dit, une notion de respect de croyances et d'attitudes différentes de celles que notre éducation nous a apportée, une notion d'effort de compréhension.

Pour conclure cette partie nous pouvons affirmer que l'idée de tolérance totale est impossible car son expansion signifierait laxisme et perte de jugement. Elle amènerait à tolérer l'intolérable. Il y a des limites que le F∴M∴ peut définir et circonscrire grâce à sa progression, car il a la capacité à distinguer ce qui émane de sa morale et de son jugement......

 

21/11/2008

La Porte

Ma dernière note portait sur le Temps...celui a fait son oeuvre, des pages comme des minutes se sont tournées et une nouvelle Porte de mon existence s'est entrouverte....les battants ne sont pas complètement ouverts, il reste une part d'incertitude, de doute mais aussi d'envie...Pour décrire cet état voici quelques lignes d'une planche récente que j'ai écrit, justement sur le symbole de la Porte...

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Elle est un moyen d’accès, matériel et symbolique, lieu de passage entre deux états ou deux mondes:

Entre l’intérieur et l’extérieur

Entre la sécurité et l’insécurité

Entre le connu et l’inconnu

Entre le monde profane et le monde sacré, frontière de nos possibilités.

 

Mais surtout la Porte doit être comprise comme un seuil, symbole de la dualité de chaque chose et de l’opposition qui finalement unie les éléments de la vie et de l’esprit, symbole des débuts de l’humanité quand la porte fut inventée comme seul lieu de passage dans l’enceinte protectrice crée alors par les premiers hommes.

Elle porte en elle deux principes qui déterminent la passivité ou au contraire l’action selon que les battants sont ouverts ou fermés, deux principes basés sur l’extériorité ou l’intériorité.

 

Ouverts ils sont actif, invitant l’homme libre à en franchir le seuil, soit pour entrer et travailler à l’abri des regards, soit pour sortir et alors affronter le monde et ainsi élargir le cercle de ses limites.

En la franchissant de l’intérieur vers l’extérieur, l’initié part à la conquête du savoir, par la Porte de la connaissance.

Fermés les battants s’inscrivent dans l’enceinte protectrice, dans la matrice de dimension passive, où l’homme errant se ressource dans la quiétude des murailles à l’abri des turbulences extérieures. L’instant est alors propice à la construction personnelle par l’introspection mais néfaste à une construction plus complexe en l’absence de confrontation aux autres.

L’homme derrière la Porte est certes protégé mais isolée de la vraie vie. Comme pour la porte de la geôle, l’isolement ainsi subi annihile l’espoir de l’inconnu et de la Liberté.

Fermée ou ouverte elle reste un symbole fort de curiosité et d’envie, elle invite toujours en la franchissant à aller inéluctablement plus loin, vers ce qui semble caché ou protégé par les gardiens du Temple ou les geôliers. C’est l’épreuve par excellence, l’épreuve du choix.

Celui-ci symbole du FM arrivé à maturité a débuté lors de la première entrée dans le Temple, par la porte basse. Courbé, plié à genoux, le postulant par son choix d’être initié s’est préparé à une descente volontaire même inconsciemment, s’est préparé à un « passage ». Il pense alors au Temple qui va se révéler à lui sans penser forcément à cet instant que celui ci n’est pas cet espace dans lequel il va pénétrer mais plus certainement son moi, son inconscient qu’il va chercher à atteindre au fur et a mesure de sa quête initiatique. Cette porte donne alors sur un espace à conquérir et à découvrir. Entrouverte, elle laisse au postulant l’espace nécessaire à son accomplissement. Est il certain à cet instant qu’il quitte l’espace de la vie pour atteindre un lieu sacré ou au contraire, qu’il pénètre tout simplement dans un lieu de travail pour mieux retourner ensuite dans l’enceinte sacré de son moi intérieur situé dans le monde profane. Il est ici nécessaire de préciser que l’important est ce passage, ce seuil à franchir. Peu importe en effet de savoir s’il quitte ou au contraire s’il rejoint le Temple, peu importe de savoir si le Temple est cet espace intérieur que nous nommons Loge ou si au contraire il se situe avant la Porte, et si ce Temple symbolique est notre quotidien, l’indispensable dans cette démonstration est le chemin choisi et la méthode utilisée pour se construire.

Par l’étroitesse du passage le nouvel initié pressent la difficulté à continuer plus avant s’il ne se dépouille pas des valeurs terrestres, de ses « habitus » au sens de Bourdieu. La dimension réduite de ce passage, ce seuil à franchir détermine la nature de l’Etre et non de l’avoir. Ne procédant pas par accumulation mais par élimination et abandon, elle doit alléger l’initié et son intellect, pour permettre un libre accès à la Lumière. La porte à ce stade pourrait s’apparenter à la notion de commencement : pousser la porte s’est découvrir un nouveau monde, c’est recommencé dans la nudité du nouveau né. Nous rejoignons là la référence à Janus Dieu des « prima » qui préside au début de l’année et qui s’honore au début du jour. Commencement, mais aussi naissance. Pour mémoire dans la Rome antique le seuil de la porte est lieu d’un rituel de naissance. Ces éléments, indiquent donc unanimement une direction de la pensée symbolique : la porte est le début d’un espace, le début de la vie, de l’an, du jour, ou d’une action mais surtout je crois qu’elle matérialise un dedans et un dehors, et qu’elle nous invite à comprendre que c’est en sortant et non en rentrant que le commencer apparait ! Quand le couvreur à la fin de la tenue, ouvre à double battant les portes du Temple il nous invite à conquérir le dehors à commencer notre travail, à continuer au dehors l’œuvre commencé dans le Temple ! Il pourrait ainsi nous pousser à l’extérieur en utilisant l’expression «  dehors, à la porte ! » allez découvrir le monde, quittez cette Loge pour gagner le terrain de votre œuvre !  ! Il demeure cependant toujours comme Janus protecteur des voyageurs, et a été souvent figuré à l’extérieur des portes, pour protéger, hors de la maison, les voyageurs qui emprunteront les chemins de l’inconnu. Comme son ancêtre le Xu dan étrusque ou comme le Nergal babylonien, il est celui qui fait sortir la lumière des portes du jour.

Chez nous, on peut affirmer qu’il livre au FM regagnant le monde de la vie, la Lumière apportée par la Loge et par le Vénérable Maitre. C’est aussi une des raisons symbolique pour lesquelles il est préférable que le couvreur soit un ancien VM ayant déjà approché la Lumière…

Si on vient d’évoquer le commencer et le sortir, il faut aussi aborder le thème de l’ouverture, toujours revenir à Janus et Shamas le babylonien qui possède les clés des portes du levant. Celui qui détient les clés car il a exercé au préalable les plus hautes fonctions, est celui qui ouvre les portes et donne la Liberté. Liberté construite car Liberté de la conquête comme on l’a évoqué précédemment, mais aussi pourquoi pas Liberté d’atteindre ou de chercher le Divin, non plus par la porte basse de l’entrée mais par la porte haute comme la porte du sommet du crane par laquelle le Yogin s’échappe de son enveloppe matériel a dit Elyade.

Fermée ou ouverte, gardée par le Couvreur, l’initié doit se poser aussi la question de la possibilité. La porte est alors symbole non plus du choix mais du possible ; elle doit sans cesse nous rappeler que tout est possible pour l’homme lucide et volontaire et qu’il peut quitter la caverne.

Ce clin d’œil au mythe de Platon est nécessaire car comme dans son récit il est aussi nécessaire pour celui qui a su arpenter le monde de la réalité, de redescendre porter le Lumière et de revenir au concept d’intériorité.

La Porte à ce stade symbolise aussi des notions comme finir, puis fermer. Finir car quand la Porte s’ouvre le travail intérieur des ouvriers se termine. C’est encore un rappel à la fin ultime qu’est la Mort car le soleil se couche à l’occident, à la porte des morts.

Fermer car quand les battants sont clos, la serrure, la barre et les verrous sont mis, l’unité perdue est retrouvée et protégée, le Temple centre possible de l’univers est imprenable. Le « sacer » latin la mise à l’écart devient espace de rupture par la fermeture, le Profane devenu postulant et initié peut alors commencer dans l’intériorité retrouvée à penser pour agir plus tard.

Ce voyage se termine, la lumière après avoir été protégée est transmise par le Couvreur est admise comme partie intégrante du moi et il ne reste plus en guise de conclusion qu’à revenir sur le nécessaire travail sur les symboles :

La méthode maçonnique, les outils proposés peuvent désarmer les jeunes initiés ou les décourager. Pour conclure je voudrais ainsi reprendre les termes du manuel du 1er surveillant, édité par Detrad qui explique en résumé que la méthode symbolique réunie le visible, le tangible le concret à l’invisible, l’abstrait, l’intangible, grâce à l’imaginaire. Cet acte unificateur rassemble ce qui pourrait sembler épars, pour le profane et nous libère de nos héritages par le travail sur les images que nous appelons à défiler de notre inconscient vers notre conscient, pour peut être mieux s’en délivrer ? Là est le premier travail maçonnique qui consiste à monter progressivement vers la Lumière, à ouvrir les Portes de nos barrières pour un jour atteindre, au grand soleil, celles de notre propre Liberté quand l'unité rejoint le Tout.

13/06/2008

LE TEMPS

Comme vous pouvez le constater ce Blog est en friche...trop de boulot, trop d'enjeux, trop d'échéances...simplement aussi plus de motivation!!!Peut être le temps qui s'échappe et des doigts qui ne retienent rien , des minutes telles des grains de sable...le vent, les nuages et une pendule molle qui coule sur mes pieds...Même Dali n'y pourrait rien!
Heureusement mon frère MO....nous a délivré une belle planche qui a le mérite de pousser les limites de notre compréhension du TEMPS:

"Au début du XXème  siècle, on a compris que le temps désigne le fait que tout passe, qu’en passant cela produit de la durée, bref que de cette façon on engendre la succession des évènements.

Alors le temps est-il connaissable ? N’est ce pas un effet de notre conscience ? N’y a-t-il de réel que le présent ? Si on considère le temps, on s’aperçoit qu’on le prend, qu’on le perd, on en gagne, on veut le maîtriser, bref on le vit mais on n’y pense pas.  Chacun de nous en a à disposition autant que son voisin, mais personne ne nous enseigne comment le rentabiliser au mieux.

Il n’existe pas de temps unique, mais il y a des temps différents avec chacun leur échelle, d’ailleurs, le temps maçonnique est–il le même que le temps profane ou le temps sacré ?

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Alors qu’est ce que le temps ? Bien qu’il puisse être appréhendé à travers des unités de mesure familières comme les heures, les jours, court terme, long terme, il est vrai qu’à long terme nous mourrons tous ! Alors la conscience du temps est-elle inséparable de celle de la mort ?

Ce serait donc aussi la conscience de l’irréversible car  le temps passe inéluctablement : le passé n’est plus et ne sera plus jamais et la certitude d’exister est inséparable de celle de devoir cesser d’exister.
Faut-il oublier le passé ? Oui si c’est pour investir le présent, évoluer, s’adapter à de nouvelles situations  mais il est difficile de profiter pleinement du moment présent si nous vivons dans le passé ou si l’avenir nous préoccupe.

Or,  c’est par le passé que le présent acquiert une certaine consistance ; c’est le seul moyen que nous ayons pour façonner l’avenir, et  la  sagesse serait  de ne pas fuir le présent pour un passé nostalgique ou un avenir utopiste."....
 
Voila laissons le Temps s'écouler ..pour qu'il m'oublie un peu, qu'il me laisse simplement vivre à mon rythme.... 
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 Arrête le temps
Et brûle-lui les ailes
Eternellement
Moi, je veux te voir belle
Arrête le temps
Reprends le cours du rêve
Pour que rien vraiment
Ne s'achève...Johny Haliday
  ou encore Saez
 

02/05/2008

La Violence

Pour changer d'orientation et pour revenir à quelques réflexions un peu plus profondes que le microcosme  politique, voici quelques passages d'un travail récent, légèrement édulcoré pour que nos gardiens du Temple passant par ce blog ne s'offusquent pas..
Il serait nécessaire d'en poursuivre l'adaptation et l'évolution à notre quotidien, dans le regard des médias par exemple.
Nos rites sont souvent ancrés dans un inconscient collectif oublié et le plus bel exemple serait aujourd'hui la célébration des 40 ans de mai 68...révolution, violence, destruction..mais pourquoi???
 

 LA VENGEANCE, LA VIOLENCE ET LE SACRIFICE

 

"Pour analyser ce chapitre il est important de reprendre les acquis du x ème degré et le meurtre d’H...

Avec la mort du Maître, le rite nous invite à réfléchir sur la notion de sacrifice, pratique rituellique qui consiste à immoler une victime pour sauver l’ensemble de la communauté et ses violences potentielles et futures. 

En tuant le meurtrier d’H...., J...., cherche peut être à tuer la violence qui est née du meurtre de l’architecte. Ce sacrifice est salvateur de notre humanité. Tuer le meurtrier d’H...., c’est abandonner le chaos pour retourner à l’ordre et ce par la vengeance.

Nous avons donc violence de l’acte, sacrifice et aussi concept de vengeance. Autant de notion difficile à admettre dans notre quotidien d’homme moderne du 21 ème siècle. Pour nous aider à comprendre ce passage imposé dans notre construction je citerai l’œuvre de René Girard, professeur et anthropologue, membre de l’académie française et en  particulier un ouvrage de 1972 « La violence et le sacré »

Il pose la question suivante « Comment l’homme, cet animal mimétique, peut-il vivre en société ? L’imitation et la convergence des désirs ne condamnent-elles pas les groupes humains au conflit et à la violence ? Pour Girard, la réponse à ces questions réside dans le meurtre collectif, meurtre fondateur qui expulse la violence et engendre le sacré, meurtre dont les échos retentissent dans toute la culture humaine…

L’unanimité violente débouche alors sur le meurtre et autour du cadavre de la victime se rassemble la communauté pacifiée. Avec la conviction absolue d’avoir trouvé la cause absolue de son mal, la communauté laisse éclater sa violence contre une victime arbitraire. Le meurtre accompli, c’est le silence qui s’établit parmi les lyncheurs autour du cadavre de celui que Girard appelle la « victime émissaire ». C’est donc une hypothèse sur l’origine des cultures que Girard propose et elle consiste à postuler un meurtre réel à l’origine de tout ordre culturel. L’hypothèse girardienne permet alors de comprendre le sens de notre rituel,  l’importance du sacrifice  d’H....,et des sacrifices des meurtriers qui transgressent au moins pour Ab ...., l’interdit de Salomon.

La  crise (le meurtre au X ème) et son dénouement au X ème et au X ème avec l’immolation de nouvelles victimes doivent se faire dans des conditions aussi proches que possible du meurtre fondateur. La victime émissaire, chez nous Hi....,,  paraît capable de causer les pires désordres et ensuite d’instaurer l’ordre. Elle semble donc posséder un savoir auquel la communauté croit devoir désormais s’en remettre pour assurer sa cohésion.« La victime émissaire » est donc sacralisée, elle constitue la   figure de référence,  expulsée pour ses aspects maléfiques et vénérée pour ses aspects bénéfiques. En adoptant cette hypothèse et en me souvenant d’une planche sur la « faute d’H...., » on découvre alors que notre Maître n’est peut être pas l’homme idéal, référence de chacun de nous, mais une iconographie nécessaire intégrant une part de  violence et de défauts comme la témérité,  et  qui appartient en fait à chacun de nous. H...., était peut être imparfait, à notre image ! Son meurtre par les mauvais c....,   semble transcender le clivage usuel entre la vie et la mort : vivant  et présent  dans le groupe il était la cause du conflit et de la mort tandis que mort  il apporte le renouveau et la vie.

 Pour terminer ce chapitre et toujours dans l’esprit de Girard je dirais que la violence n'est pas dans le meurtre  mais dans  la violation de la Loi, du pacte de parole, dans le non respect des recommandations de S...., ! Ainsi casser la Parole, transgresser l’ordre permettrait de rebondir. Il nous faut en permanence briser notre loi, pour la régénérer, faire la guerre à nos passions pour goûter la paix et retrouver l’harmonie, le Maat égyptien, le juste milieu."

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Je me pose la question..qui sacrifier actuellement pour sauver notre société??? oui je sais Trub...c'est facile!!!! 
 

23/09/2007

ADN

Tests ADN et GODF

VOICI UN TEXTE  IMPORTANT trouvé sur le site maçonnique de Jiri Pragman...

le GODF n'est pas mon obédience mais je partage cette analyse. Jeudi prochain lors de notre réunion je pense soulever ce problème..nous ne pouvons en effet à certains moments de notre engagement, ne pas continuer, en dehors, l'oeuvre commencé dans le Temple..selon la formule consacrée... 


Le Grand Orient de France prend acte de la décision de la Commission des lois de l'Assemblée Nationale qui, le mercredi 12 septembre a, selon le Monde daté du 13 septembre, "voté un amendement autorisant le recours aux tests ADN", "en cas de doute sérieux sur l'authenticité de l'acte d'état civil", dans la gestion de l'immigration et dans le cadre du regroupement familial".

"Les agents diplomatiques ou consulaires pourront proposer au demandeur d'un visa d'exercer à ses frais, la faculté de solliciter la comparaison de ses empreintes génétiques aux fins de vérification d'une filiation biologique déclarée".

Il faut rappeler qu'à l'heure actuelle, en vertu du Code Civil, "l'étude génétique des caractéristiques d'une personne ne peut être entreprise qu'à des fins médicales ou de recherche scientifique", ainsi qu'en matière pénale.

Le Grand Orient de France s'inquiète de l'utilisation des progrès de la technique dans les sciences biologiques à des fins policières et répressives qui rappellent des comportements de sinistre mémoire.

Il proteste contre la discrimination qu'induit la loi entre des étrangers et des citoyens français, sur le plan humain, quand l'intimité de familles entières est bafouée par des investigations qui, certes, devraient rester volontaires, mais dont les conséquences, quand elles pourraient mener au maintien de la séparation, ne peuvent être ignorées.

Il s'oppose à l'évolution actuelle philosophique et politique des sociétés occidentales du Nord. Quand en France, 25 000 retours au pays sont programmés dans l'année (le journal le Monde du même jour), quand le regroupement familial est considéré comme un danger et traité comme un délit, jamais n'est pris en compte le destin tragique de nos contemporains et frères humains du Sud qui ne fuient leur pays que pour échapper à la misère.

La politique n'est pas uniquement le traitement de l'urgence par la répression et la brutalité.

La politique n'est pas un repliement sur des certitudes identitaires douillettes et illusoires.

Nos pays et en particulier l'Europe s'honoreraient de toujours garder en filigrane dans leurs décisions la dimension humaniste.

Le Grand Orient de France souhaite que la révolution française ne soit pas dans l'esprit et la lettre "l'allègre illusion" que dénonçait René Char.

Il veut être la sentinelle des valeurs des lumières dans une République où la liberté ne peut pas s'entendre sans l'égalité et la fraternité, sauf à être celle du loup dans la bergerie.

Sans violence mais avec obstination et persévérance, il continuera à dénoncer toutes les décisions qu'il sait contraires à la dignité des hommes, des femmes et des enfants, quels que soient leur pays, leur religion, en un mot, leur différence.

05/09/2007

Programme de rentrée

Savez vous que j'affectionne, les listes, les inventaires, les mots enchaînés qui raisonnent si différement quand ils sont liés..ce soir j'ai le souhait de vous faire partager cette chaîne qui est une partie de notre programme de travail pour cette année. Même profanes, vous pouvez "plancher" sur l'un ou l'autre de ces sujets..l'exercice est source de richesses...
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 « La Perpendiculaire» « Il était une fois dans L’ouest » «  le 2ème surveillant » « La Pierre Brute » « L’art de construire » « Le Trésor » « La Porte Basse » « Les 10 commandements  » « Un Maçon libre dans une Loge libre » « L’Orient Eternel » « le soleil, la lune et le maître de la Loge » « Le Feu »  «les officiers » «la Fête et le partage » «L’épée » « Couleur de peau, couleur fraternelle »  « des Ténèbres vers la Lumière » « Le Travail Maçonnique » « Pensée et Action» « Cain, Tubalcain, Hiram : le mythe du Forgeron » « Le cercle et le point central » « Hiram » «Maçonnerie et psychanalyse » « La colonne Ja  » « l’Etoile Flamboyante » « Le Levier »« La lettre G » « Les Devoirs du FM » « Le nombre cinq » « La mort d’Hi marque une fin. Mais la fin de quoi ? » «Painting Sand » «l’œuf cosmique » «  l’Oasis » « Temps sacré, temps profane, autres temps» « La connaissance de soi » «Le ciseau et le maillet » « Le 2ème degré, réalisation du Moi » « La Nuit »etc....

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A préciser: la recette est simple, d'un sujet imposé et symbolique il faut tendre vers un travail personnel qui est une introspection, une quête ves la connaissance de soi...ramener à l'homme, sans cesse travailler sur sa construction...

Vous pouvez toujours essayer, par exemple de traiter l'un ou l'autre sujet , pour ce qu'il représente pour vous et pour ce qu'il suggère en général. N'hésitez pas alors à présenter cette démarche dans vos commentaires..Tiens Joyce par exemple es tu ciseau ou maillet, arachnée qu'évoque pour toi la notion de Devoirs, chère Miss ....parle moi du Cercle et du Milieu....ou de la Fm et de la psychanalyse

Bon courage ...cela vaut bien les questionnaires de Minijupe...Tiens Au fait et toi Minijupe que pourrais tu dire sur le symbole de l'Orient éternel?? 

 

24/06/2007

Que faisons nous dans nos loges??

Hier soir donc St Jean d'été...
beaucoup de monde..ma chérie "Profane" des amis curieux de la chose maçonnique..une soirée sous les auspices de la Voute Etoilée et pendant notre cérémonie, un texte d'un passé Grand Maître paru dans la revue Point de Vue Initiatique...Un bon  éclairage sur nos travaux en Loges...
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QUE FAISONS-NOUS DANS NOS LOGES?

 

La franc-maçonnerie, basée sur le symbolisme et le vocabulaire des anciens bâtisseurs, a une spécificité initiatique, c’est-à-dire vocation à transformer et améliorer l’être humain en approchant la connaissance par l’écoute réciproque, le partage du ressenti. Par ce travail, l’homme se libère au moyen de l’oubli du moi.

Le travail en loge maçonnique consiste donc à travailler sur soi-même en distinguant le savoir de la connaissance, en séparant radicalement ce que l’on sait de ce que l’on croit, et ainsi, à participer à l’enrichissement spirituel et humaniste de notre temps.

C’est dans la loge, sanctuaire et réserve de vie et d’énergie, lieu où souffle l’esprit, où s’allient la connaissance, la volonté et l’amour, que les Frères travaillent, sans isoler la Tradition de la modernité.  Nous sommes une association, une alliance d’hommes ou et de femmes, selon les obédiences, libres et de bonnes moeurs, de toutes ethnies, de toutes nationalités, de toutes croyances. Des humains en recherche des mystères qu’entretiennent entre eux l’Homme, l’univers et les dieux pour trouver la plénitude du sens de notre vie.

Convaincus de la perfectibilité de l’homme, nous sommes résolument optimistes, car le franc-maçon est aussi “cet homme qui au plus profond de la nuit, veut croire à la lumière”, comme l’écrivait notre Frère Goethe, reprise par Renan. Cette lumière, il la cherche non seulement pour lui, mais aussi pour les autres hommes, ses Frères, et voudrait la faire régner sur le monde, sur tous les hommes, et la partager avec eux.

Mais, concrètement, que peut-il faire ?

Pour changer la vie, il faut d’abord s’efforcer de changer les mentalités et les hommes en éveillant leur conscience, en suscitant leur réflexion, en encourageant leurs efforts et en leur donnant le courage de cet effort et la volonté de l’accomplir.

Ce que la franc-maçonnerie propose à l’homme aujourd’hui c’est un espace, un outil, une méthode, un lieu.

Le lieu, c’est la loge, lieu d’une rencontre entre les hommes que les conditions de vie, les croyances religieuses, les convictions politiques pourraient tenir éloignés les uns des autres.

La loge, c’est le lieu du dialogue véritable, c’est-à-dire d’un échange qui suppose la reconnaissance en chaque homme de la liberté et de la présence en lui de la raison. Le dialogue est impossible si l’on ne pense pas que le désir le plus profond de l’homme est désir de la vérité, dont Gaston Bachelard disait “quelle est fille de la discussion” et si, en même temps, on ne reconnaît pas à chaque conscience la liberté de rechercher la vérité ; car “l’unanimité des hommes ne pourra se réaliser que dans la liberté” (Karl Jaspers). Tout dialogue implique une tolérance réciproque et l’idéal de tolérance n’est pas un idéal dépassé.  Nous devons donc veiller à éviter la polémique (de polemos, guerre).  Nous n’avons pas vocation à défiler dans les rues, bannières au vent. C’est pourquoi, outre le secret véritable, d’ordre purement symbolique, relevant de l’intériorité individuelle et qui ne saurait intéresser un non-maçon, il faut distinguer le secret d’appartenance du secret de fonctionnement.

Le premier relève de la discrétion individuelle ; chacun doit respecter le secret d’appartenance. Le secret de fonctionnement est d’une tout autre nature, et il n’existe plus depuis longtemps ; on trouve tous les ouvrages sur la franc-maçonnerie et les rituels de tous grades dans les grandes librairies, et dans les colloques et les conférences que nous organisons, nous disons qui nous sommes.

Certaines obédiences sont plus impliquées dans le social, d’autres, comme la Grande Loge de France, dans le spirituel. Nous sommes des laboratoires d’idées que nous publions dans notre revue Points de Vue Initiatiques et que nous exprimons dans des débats publics (………….)

Il y a aujourd’hui un double refus, celui du pacte juridique et celui du sacré. Ces deux valeurs fondamentales de la vie collective sont en péril et désorientent à la fois les esprits et les conduites. Il ne peut y avoir de sociétés humaines viables sans respect du pacte juridique explicite ou implicite qui lie les hommes entre eux par ce contrat fait de deux volontés, de deux libertés qui se reconnaissent et s’obligent au respect réciproque de leur engagement. Beaucoup de nos contemporains sont des hommes sans croyance profonde, sans foi, quelle que soit cette foi, coupés de leur passé et de leur origine, dépouillés de toute tradition et par là même veufs de tout idéal et de toute espérance, perpétuellement candidats à l’émigration pour n’importe quel nouveau monde pourvu qu’il ne ressemble pas au nôtre.

L’homme a peut-être oublié la finalité qui consistait d’abord à rechercher la vérité et à la mettre au service de l’homme. Car s’il n’y a plus de transcendance et si dans l’homme on ne veut plus reconnaître cette transcendance, celle de son esprit, de sa raison et de sa liberté, il perd sa dignité essentielle, ce qui le fait être homme. Il n’est plus un sujet, une conscience, il n’est plus qu’un objet, qu’une chose.  Trop souvent, aujourd’hui, on désacralise ce qui est sacré, on sacralise ce qui est profane et matériel. Notre monde moderne nous semble atteint gravement dans sa substance, dans son être le plus profond. La méconnaissance de la dimension spirituelle de l’homme entraîne son avilissement.

Le franc-maçon de la Grande Loge de France a fait délibérément le choix de l’humanisme allié à la spiritualité. L’humanisme en tant que conception de l’existence, selon laquelle l’homme doit se construire et s’affirmer indépendamment de toute mystique ou tout système dogmatique, et qui a pour objet l’épanouissement de l’homme, en tant que valeur suprême. C’est-à-dire un être dont la dignité doit être affirmée et protégée contre toutes les formes d’assujettissement, qu’il soit religieux, idéologique, politique ou économique.

Mais cela nécessite aujourd’hui une extrême lucidité, afin de repenser la place de l’homme dans un monde qui a tendance à le nier. Il nous faut définir et défendre un nouvel humanisme, un humanisme critique qui maintient la référence universelle à des valeurs, sans ignorer l’importance des cultures ou des sociétés particulières ; ou, pour le dire autrement, la mondialisation de la culture et l’interpénétration des civilisations conduiront à l’obligation de concilier l’universalité des valeurs et la diversité des cultures. C’est l’un des défis de la franc-maçonnerie pour le XXIe siècle.

La spiritualité n’implique pas nécessairement une religion, car si toute religion est spirituelle, toute spiritualité n’est pas religieuse ; elle implique une métaphysique et la pratique d’une ascèse physique et mentale.

Si la spiritualité s’oppose généralement à la matérialité, au sens où elle s’en est dégagée, pour le franc-maçon de la Grande Loge de France, la spiritualité s’oppose à la temporalité, l’ouvrant ainsi à la recherche du sens de notre vie, de l’accomplissement de l’être, tant dans son quotidien que dans le silence du processus de recherche d’élévation, pour rechercher ce qui a été perdu et rassembler ce qui est épars dans l’ensemble de la connaissance.

Mais la pensée seule ne suffit pas à transformer le monde, encore que Averroès, Descartes, Leibniz, Kant, Anderson, Gandhi, Pasteur, Fleming et bien d’autres ont bien modifié le cours des choses pour le reste des temps.

Si la première mission des loges est d’initier, elles doivent, dans l’harmonie toujours recherchée, veiller attentivement à donner aux Frères les meilleures conditions d’exercice de leur démarche initiatique, de volonté humaniste, en ce qu’elle propose un devenir plus digne pour l’être humain, une élévation spirituelle entendue comme lieu de liberté personnelle, d’intériorité, donc d’authenticité, qui les mènera à la prise de conscience d’une altérité, cadre privilégié de l’ouverture intérieure.

Puisque nos rituels disent qu’il faut achever au-dehors l’oeuvre commencée dans le Temple, quels sont les enjeux d’aujourd’hui pour les obédiences maçonniques au sein de la société ?

Les Droits de l’Homme sont des valeurs purement occidentales dont d’autres cultures ne partagent pas les exigences. La laïcité, concept typiquement français, à l’origine, avec la loi de 1905, est un problème d’actualité auquel est confronté l’occident et en particulier notre pays. La laïcité, c’est la coexistence de toutes les libertés de pensée et de pratiques possibles, le droit de l’individu primant sur celui d’une communauté ; c’est permettre à l’individu d’acquérir force et puissance pour devenir le seul auteur de ses pensées, de ses actions qui lui permettront de se passer de gourous et de recours à une autorité transcendantale. N’est-ce point là l’enjeu du siècle pour notre société et pour les francs-maçons, au sens d’autorité morale ?

Nous sommes plus que jamais devant des choix de société et c’est au nom de ces principes que la franc-maçonnerie doit faire entendre sa voix. Dans un monde en pleine mutation politique économique, la modification la plus importante est bien la mutation spirituelle, qui peut être une révolution.

Le chantier est immense. Alors, que vive la franc-maçonnerie !

Yves-Max Viton

 

Vous pouvez vous abonner à cette revue ouverte à tous....voir le lien PVI

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15/06/2007

PENSER???

Ce soir grand soir..Le Grand Soir, celui où la vérité sort de la cocotte....ou le Coq se métamorphose en met, où la promise se promet...et où je suis invité....Tout cela pourrait sembler futil, primaire, profane...mais une confidence...c'est un pas important, un pas vers l'autre, mon double féminin.... alors pour passer non du Coq à l'Ane mais du Coq à autre chose....tout envahi de mes pensées, de mes questionnements et de mes doutes...je vous livre un peu plus de moi, de mes recherches, comme cela nous passerons du Coq à l'Esprit...fulgurance du raccourci!!!?
 
Ce texte datant de deux ans environ, est tiré de l'un des travaux que nous présentons dans nos travaux maçonniques...des interrogations à l'époque( déja) mais pas réellement de réponses...Peut être en avez vous ... ?
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..........PENSER.

"C’est appliquer son esprit à concevoir et à juger quelque chose."

La pensée est à la fois le processus psychologique des modes de conscience, le défilé des pensées en soi, et aussi, une faculté de se représenter le réel par concept.

Pour nous la pensée et sa mise en œuvre, le verbe "penser", sont différents et ne procèdent pas complètement du même niveau. Notre système, nos rituels sont là pour que notre esprit puisse concevoir le secret de chaque chose et pour que la pensée se développe jusqu’à l’Eveil grâce aux outils maçonniques que sont les symboles. Nous complétons alors la définition profane citée précédemment pour ajouter que c’est "la faculté de comprendre le réel par l’étude des symboles, point de départ de toute initiation."

Penser, c’est également synthétiser et rassembler ce qui est épars, suivre la voix de l’éveil, en commençant par descendre en soi.

(................)

"Vous ne vous forgerez pas d’idoles humaines…, Mais vous déciderez par vous mêmes de vos opinions…. Vous ne prendrez pas des mots pour des idées… Vous n’accepterez aucune idée que vous ne compreniez et ne jugiez vraie".

Cet appel au renoncement des certitudes et à la liberté de penser, à ce stade de ma réflexion, permet de comprendre et d’unir les trois mots du sujet de départ  :"Devoir et Liberté de penser"

Les Devoirs, la Pensée, la Liberté impliquent une culture du sens. Si le FM et encore plus le (....)sont libres, ce n’est pas pour être des électrons libres !

La liberté c’est choisir; appliqué à la pensée c’est choisir ce que l’on pense, non par conformisme, mais par esprit critique. Cela implique une prise de conscience, un sens aigu de ses engagements et l’ouverture vers la Fraternité : construire sa Liberté de penser c’est réussir sa construction et c’est découvrir l’altérité en donnant un sens à ses rapports humains.

C’est s’autoriser et s’obliger à penser, donc à faire un choix parmi toutes les vérités proférées (idées, paroles), dans le respect de la pensée d’autrui ; commencer à penser, c’est d’abord commencer à admettre la parole de l’autre, l’entendre, l’analyser pour s’en nourrir, tout en restant vigilant et en exerçant son libre arbitre. Mais comme dans tout itinéraire, il faut un commencement, un départ, une préparation et (...................)

Clore les lèvres (................)c’est commencer par attacher plus d’importance à la pensée qu’à la parole. Comme pour l’A......., le M........est incité à descendre en lui-même, ou plus exactement, à penser, à réfléchir, plus qu’à s’exprimer. Au fur à mesure de son parcours, il prend conscience, grâce au Devoir, de l’objectif à atteindre : la recherche de la P.......... Cette démarche le pousse à évoluer, à prendre son envol, l’oblige à être libre de penser. Cette nouvelle liberté c’est l’exercice d’un principe actif et non passif c’est avant tout exercer ses devoirs de recherche, les tester sur soi pour les confronter et les offrir à ses F........

En paraphrasant l’affirmation selon laquelle la forme libère l’esprit, les devoirs rassurent et cadrent la démarche initiatique pour mieux libérer le cherchant dans sa quête ; ils sont garants de Liberté pour le travail des Maîtres..........

Dans une autre approche, la conscience de ses devoirs permet une relation plus juste avec ses frères. Le FM ne cherche pas à imposer ses vues, il ne cherche pas à convaincre par la pensée, mais il est convaincant par l’exemplarité de l’exercice de ses devoirs.(...........................)

Avant de conclure je voudrais aborder un dernier volet et tenter de fixer ce que l’on pourrait nommer les limites de la pensée et de la liberté.

En entrant en maçonnerie, le profane exerce son droit de décider librement de son destin. Il fait une expérience claire du pouvoir de choisir et éprouve celui-ci en présence de plusieurs possibles qui s’offrent à lui. En percevant cette volonté libre, réfléchie, maîtresse d’elle-même, il a même un sentiment vif de liberté et d’indépendance à partir du xxxxxxxx degré, ce qui au niveau des premières années de maçonnerie, va lui permettre une exploration tous azimuts jusqu’à la M......

Cette liberté de fait se fonde sur la liberté de vouloir ou de ne pas vouloir, sur l’exercice difficile du voyage au cœur du blanc et du noir. Mais encore faut-il que cette puissance soit exercée comme il faut. Pour que ses actes soient libres, pour que nous soyons des initiés matures, il est important que l’action soit créatrice, mais surtout qu’elle soit délibérée. Pour le FM, débute alors au xxxxxxdegré l’obligation, comme je l’ai déjà cité, de la recherche du sens qui peut se confondre utilement avec la recherche du Devoir et de l’engagement irrévocable.

La question se pose donc de savoir ce dont la pensée est capable et ce dont elle se révèle incapable dans la quête initiatique, dans l’exercice de la liberté. La question se pose de savoir dans quelle mesure la pensée peut atteindre ou manquer cette cible qu’elle cherche à analyser ou à vivre. En bref, la pensée a-t-elle des limites qui seraient celle de l’Ego, de son propre inconscient, d’un cercle vicieux incapable de prendre en considération le monde extérieur? Je répondrai par l’affirmative en l’opposant en plus à la parole car celle-ci est plus libre, en final, que la pensée. Plus libre car libérée de l’Ego et surtout ouverte et confrontée au regard et à l’écoute de l’autre, à travers l’échange fraternel, bien que ce soit la pensée qui élabore la Parole et qui peut ensuite la censurer.
Cette liberté de la Parole et donc la nécessité de la retrouver, quand elle est perdue, force le FM à se replacer au centre du réel et à assumer son Devoir pour tendre vers la Vérité

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